A la Une

jeu, 05/06/2014 - 00:32

Monsieur le Président de la République,

Nous devons craindre que la civilisation tibétaine ne vive ses dernières années.

À deux reprises ces derniers mois, j’ai fait personnellement ce constat. Je l’ai fait en simple particulier, passionné par le Tibet, sans faire état de ma qualité de sénateur, ni de mon appartenance au groupe d’amitié France Tibet.

La Chine constitue une grande nation qui a assuré à son peuple un développement économique remarquable. Elle a parfois donné le sentiment de comprendre la réalité tibétaine et d’accepter la préservation de son identité. Pourtant, depuis 1950, il n’y a pas d’autre vérité que de constater une occupation du plus faible par le plus fort. Le peuple tibétain subit cette domination depuis plus d’un demi-siècle avec des épisodes de révolte et de répression, d’exils et d’immolations. Les Chinois ne s'y trompent pas comme en témoignent les contrôles militaires et policiers permanents sur les routes, dans les rues, et même dans les monastères, y compris à l’intérieur de certains des temples. L'arrivée massive de Chinois à Lhassa ou à Xigatsé participe à cette vaste entreprise d’intégration forcée du Tibet, complétée par les limitations à l’enseignement du tibétain et l’exploitation intensive des richesses naturelles, mettant en péril l’équilibre écologique du haut plateau.

Pendant sa période d’indépendance, le Tibet n’était certes pas un paradis. Il a certainement constitué un Etat théocratique, entretenant des relations de dépendance réciproque avec la Chine bouddhiste. Cette histoire complexe, - mais celle des pays européens ne l’est-elle pas ? - ne doit pas effacer trois faits majeurs.

Le premier concerne la réalité tibétaine, profondément différente de la...

Au Sénat

dim, 22/12/2013 - 21:06

REFORME TERRITORIALE

 

Le projet de loi « modernisation de l’action publique territoriale et affirmation des métropoles » a été adopté définitivement par le Sénat et l’Assemblée nationale le 19 décembre 2013.

Il comporte plusieurs dispositions innovantes :

-       le rétablissement de la clause générale de compétence s’accompagne en fait d’une précision des compétences de chaque collectivité et surtout de la définition de chefs de file pour chaque groupe de compétences,

-       la création de métropoles selon des formes adaptées à chaque territoire et non sur un modèle unique,

-       la création de pôles d’équilibre territoriaux et ruraux qui pourront regroupés des EPCI et se substituer aux actuels pays.

Ce premier volet de la réforme territoriale sera suivi en avril 2014 d’un autre texte relatif aux régions et au développement économique, puis d’un dernier...

Politique

ven, 27/09/2013 - 18:16

J’ai voté contre le cumul des mandats défendu par des amendements de l’UMP, des centristes et des radicaux de gauche. Je suis favorable au projet de loi prévoyant l’incompatibilité à compter de 2017 d’un mandat de parlementaire avec une fonction exécutive locale.

Pourtant, je sors des débats certain d’une incompréhension : le Sénat n’est pas cette chambre ringarde et vouée à la disparition dénoncée dans trop de commentaires.

Le Sénat  partage avec l’Assemblée nationale la lourde charge de faire la loi et de contrôler l’action du gouvernement. Les sénateurs remplissent plutô...

Humeur

dim, 01/06/2014 - 21:27

Bien sûr, je pourrai, à mon tour, vous parler des élections européennes, de l'endettement public, du parti socialiste, de la nouvelle carte des régions... Mais voilà, je préfère partager une rencontre de la semaine dernière. Elle me semble plus roborative. 

Il pleut dans le jardin du Luxembourg. Je croise Robert Badinter, abrité sous son bop et concentré dans ses pensées. Nous nous saluons chaleureusement. Il me parle de l’action qu’il vient de mener en faveur de la cour pénale internationale. Quand on rencontre Robert Badinter, toujours, il vous évoque une question de justice. Je lui dis, comme trop souvent que...

Vie Locale

lun, 05/05/2014 - 23:29

La question ressurgit régulièrement. Surtout, après nos défaites. Beaucoup moins après nos victoires.

Comme souvent en politique, le point de vue varie en fonction de la situation dans laquelle chacun se trouve. En général, les élus majoritaires dans leurs communes se prononcent en faveur d’un accord de gestion ; la quasi-totalité des élus minoritaires s’y montre réticente.  Les majoritaires pensent à la meilleure façon de défendre leur commune. Ils considèrent qu’abandonner les leviers de l’action à la seule majorité communautaire constitue une grave faute politique dans une intercommunalité qui, par définition, représente toutes les communes de gauche comme de droite. Les mino...

Libertés publiques

lun, 02/09/2013 - 21:20

A quoi servent nos prisons ? La question est vieille comme le monde. Et depuis toujours, sa réponse semble opposer deux écoles.

La première, sécuritaire, serait représentée dans les gouvernements par les ministres de l’Intérieur et sur l'échiquier politique par la droite. Elle consiste sous l’acclamation de l’opinion à mettre le délinquant dans une prison plutôt que dans la rue et ce le plus longtemps possible.

La seconde école, humaniste, serait incarnée par les ministres de la Justice et par la gauche. Elle prône l’éducation comme moyen de prévenir la délinquance et sa récidive. 

Ce débat vient de se rejouer à propos de la réforme pénale promise par le Présiden...

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